vendredi 14 juillet 2017

Les Prairies Saint-Martin : la petite ZAD rennaise



Edit 23/7/17 : cette maison et son pignon ont disparu en 8 jours ! Rien ne résiste aux gros engins phalliques terraformateurs masculins !

C'est l'histoire et la fin d'une longue résistance : Les Prairies Saint-Martin avaient déjà échappé dans les années 70 à l'éventration et au bitume d'une "pénétrante" à 4 voies (les patriarcaux bétonneurs ont un de ces vocabulaires, je vous jure, lire ici la façon dont les hommes voient la ville) pour aujourd'hui céder devant un projet municipal de "parc urbain", voire de "marécage d'ornement", selon ses plus farouches opposants. Situées au nord est du centre ville, près du Canal Saint Martin, dans un méandre de l'Ille, ce sont 29 hectares de prairies humides traversées par un ruisseau bordé par une roselière, qui plus est à 20 minutes seulement à pied du centre ville Ouest. Elles sont enserrées par les métastases cancéreuses  l'expansion urbanistique de la ville, bordées par des programmes de logements construits ou à venir. Disons qu'elles reviennent quand même de loin : l'assèchement et la transformation en 4 voies. Il va de soi que le "parc urbain aménagé en zone semi-humide" est une moins horrible solution. Le projet d'une trentaine de millions d'euros est d'en faire "un poumon vert" en novlangue d'urbaniste qui se la pète, ce qu'elles étaient déjà : jardins familiaux (ce qu'elles étaient aussi, d'où la résistance), reconstitution de zone semi-humide (notez que la mairie de Rennes et ses élus sont à fond pour le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes, remarquable zone humide naturelle), et de biotope pour la faune et la flore endémique de ces endroits. Plus bien sûr, zone de délassement et de détente pour citadins stressés : "vergers, ruchers, observatoire, un parc pour découvrir la nature", selon la promesse de la ville. La nature reconstituée au bulldozer, habitants et squatteurs expulsés, vieux arbres fruitiers abattus, pavillons rasés. Mais c'est sûr que ce sera mieux rangé que maintenant ! Avec un peu de pas de bol, on risque même d'y trouver des arbres en pots. Rien ne vaut la main de Lome pour corriger les erreurs et le désordre de la nature qui, comme les femmes, sont vite incontrôlables si on n'y met pas bon ordre.

Les travaux ont commencé cette semaine. Nostalgia. Et pour mémoire :






Des expulsés qui ont laissé des épaves derrière eux !





Coupure d'eau pour les squatteurs en pleine canicule





Maisons promises à la destruction. Ça proteste (avec une faute de grammaire)














Espérons ce ce vieil arbre sera toujours là après les travaux


Mais pour les confitures de mûres, j'ai bien peur que ce soit la fin, ce roncier résistera-t-il ?

Pour mieux voir les photos, double-cliquez sur une et normalement, vous obtenez le mode diapositives :)

Pendant "l'embellissement des prairies", les mecs continuent à dégueulasser les berges du canal Saint-Martin en face, au nez et à la barbe des fluviaux installés sur la berge opposée : polystyrène, canettes de bière, boîtes de jus de fruit, barquettes de frites, ... glissent insidieusement à l'eau où ils tapisseront le fond ou flotteront en surface ; il suffira d'ouvrir quelques vannes, elles dévaleront la Vilaine jusqu'à la Roche-Bernard, où elles se jetteront dans l'océan. C'est pas possible, ils posent leurs détritus à l'endroit exact où ils ont fini de consommer. Voilà ce que c'est que les habituer à passer nettoyer derrière eux après avoir assuré l'intendance.

Liens :

Rien ne semble pouvoir freiner l'expansion humaine. La sixième extinction s'accélère : "anéantissement biologique", "extinction de masse", "défaunation" à lire sur cet article du Monde, la nouvelle a été reprise par tous les grands médias internationaux.
La triste histoire des rennes splendides et décadents de l'Ile Saint-Matthieu. Métaphorique de ce qui peut nous arriver ?

mardi 4 juillet 2017

Si nous étions libres, aurions-nous besoin d'amour ?

Je vous propose aujourd'hui un texte radical : il faut savoir, de temps en temps, se brûler un sein et aller bloguer depuis une tribu d'Amazones. Ti Grace Atkinson livre dans ce discours une réflexion sur l'amour et sa fonction politique pour l'oppresseur, le Patriarcat. Accrochez-vous, vents de force 11, avis de tempête. Et décapage de neurones assuré. En tous cas, séparatisme ou non, il décrit bien le dilemme auquel les femmes sont confrontées en permanence.

La FEMME POLITIQUE : fonction politique de l'amour

Discours prononcé le 21 février 1970 au Juniata College, Huntington, Pennsylvannia par Ti Grace Atkinson - Odyssée d'une amazone.

" Plusieurs femmes, pendant le week-end, ont manifesté une certaine réticence à considérer les hommes comme l'ennemi.  Je serais la dernière personne au monde à penser que cette réticence n'est pas naturelle. C'est tout ce qu'il y a de plus normal. C'est ce qu'on appelle, je crois, instinct de conservation.

D'autres femmes admettent sans aucun doute que la logique des hommes est notre ennemi de classe. Mais, par quelque heureux hasard, leur fiancé actuel est l'une des rares exceptions à la règle.  A moins que certaines femmes ne produisent une évidence politique vérifiable à l'appui de ce genre d'affirmation, cette position n'est qu'un compromis.
Et puis, il nous a fallu aussi digérer l'argument de la "rareté", avancé par un homme du Dakota : "La raison de la rapide croissance du Mouvement des Femmes, a-t-il dit, et de son apparente amertume à l'égard des hommes, ne provient pas du fait que les hommes oppriment les femmes. Non, le problème, c'est qu'il n'y a plus assez de vrais hommes (c'est à dire de suprématie masculine) pour toutes".

Il n'y a rien de très compliqué à devenir "politique". Une personne politique est un individu qui a un ensemble de croyances particulières et qui agit en accord avec ces croyances. Ce qui a rendu si difficile la politisation des femmes, ce sont les échappatoires qu'on a trouvées pour la deuxième partie de la définition : agir en accord avec un ensemble donné de croyances politiques.

Les hommes parlent aux femmes de guerre des sexes depuis l'origine des temps. Bien sûr, de notre point de vue, il s'est agi d'un massacre. Il est plus facile de comprendre ce que font les hommes, c'est à dire mentir, que de comprendre ce que font les femmes. Les hommes ont baisé les Indiens jusqu'à la mort, l'idiotie et la cécité. Ensuite les blancs ont présenté le "conflit" à leur manière en décrivant les hordes rouges à l'attaque des pieux pionniers, des femmes blondes et des enfants.

Mais la "pathologie" de l'oppression, en l'occurrence la division des classes masculine et féminine, est présente chez des femmes qui nient ce que les hommes eux-mêmes sont en train d'avouer. Pour s'accrocher à l'ennemi, il faut être prêt à y mettre le prix : sa propre vie. Entrer en relation avec un homme aussi dépouillé soit-il (complètement et publiquement) du rôle masculin, serait encore un risque. Mais s'unir à un homme qui a fait moins encore, c'est du suicide. Prouver sa conscience de classe c'est se couper des hommes, de ces unités de deux personnes face à face (par exemple le mariage et la maternité). Aucune amélioration significative de la situation des femmes ne sera possible sans cette décision.

Jusqu'à présent, le mouvement féministe a rassemblé des femmes qui voulaient surtout se plaindre. Mais ces plaintes n'ont rien de nouveau. Les femme se plaignent entre elles depuis des siècles, mais elles se traînent ensuite chaque jour dans leurs cuisines pour préparer les dîners de leurs maris. Cette pratique a développé au cours des siècles une sorte de personnalité multiple chez les femmes, dont chaque aspect est resté intact. Je peux illustrer hic et nunc ce que je viens de dire. La plupart des femmes ici présentes ont sans doute une alliance institutionnelle avec les hommes, le mariage ou bien
 l' "amour". Si vous ne l'avez pas, vous êtes probablement en train de la chercher.  Alors, comment pouvez-vous chercher une telle alliance et être en même temps ici ? Cette contradiction n'est pas seulement présente ici, mais dans tout le Mouvement. Les féministes les plus anti-mâles, celles qui disent que tout homme est l'ennemi -et pas seulement comme je le dis que ce n'est que la conduite ou le rôle du mâle qui sont inacceptables- se montrent pourtant en même temps dans la rue, la main dans la main avec l'ennemi même !


Personnellement, j'ai pris la décision de ne pas me montrer en public avec un homme, dans les lieux où l'on pourrait croire à une amitié entre nous. Puisque selon moi, c'est la conduite des hommes (à définir) qui est l'ennemi, il me faut, à l'appui de ma thèse, tout un dispositif de différentiation. Donc, faire une exception à ma règle serait admettre : "cet homme s'est publiquement et tangiblement (donc c'est significatif), désolidarisé du rôle masculin, du mieux qu'il peut. Les journaux prétendent que cet acte assez modeste du point de vue politique fait de moi une séparatiste. Techniquement, une séparatiste est une personne qui préconise un état séparé pour un groupe particulier de gens. Je n'ai jamais fait cela... jusqu'ici. Quant à moi, je crois que je suis simplement cohérente. C'est le moins qu'on puisse faire pour sa propre estime.

Un des traits les plus frappants de ce Mouvement est qu'il ne préoccupe pas vraiment le gouvernement. Mais pourquoi l'inquiéterait-il ?
Nous les femmes, je vous le concède, nous exprimons des idées assez "radicales". Mais nous n'avons pas fourni de preuves qu'il existe le moindre rapport entre ce que nous disons et ce que nous pensons faire.  Actuellement, nous sommes ridicules et drôles. La contradiction, après tout, est le "cœur" de la comédie.

Nous devons essayer de comprendre cette anomalie. Nous, femmes, nous devons nous demander pourquoi nous aimons faire couple avec les hommes. Il faut commencer à comprendre la fonction politique de l'amour. Réfléchissez à l'importance de l' "amour " dans cette structure politique qu'on appelle "religion". "Aimez votre prochain". Bien sûr, c'est un hasard, dira-t-on si les religions les plus puissantes, comme la religion catholique par exemple, sont surtout composées de pauvres. Et si les pauvres n'aimaient pas leurs frères ? Et s'ils voyaient leurs "frères" comme la classe ennemie, et s'ils se révoltaient ?

Avez-vous jamais réfléchi au rapport entre l'amour et la violence ? La violence est la transgression commise sur la personne d'autrui ou son individualité. L'amour n'est-il pas une transgression de l'individualité ? Céder ce qui, autrement, nous serait pris par la force ? L' "amour" est-il la réponse de l'esclave à l'esclavage ? Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi il n'était plus nécessaire d'enchaîner la deuxième génération d'esclaves ? Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi tant de prédicateurs prêchent la non-violence et le "aime ton ennemi" ? Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi les églises étaient détruites dans toutes les révolutions ?
Si nous étions libres, aurions-nous besoin d'amour ? "

Ti Grace Atkinson (Féministe radicale)
Odyssée d'une Amazone
Editions Des femmes 


Liens :
Red stocking Manifesto (en anglais)
"Le genre est une fiction sociale" : John Stoltenberg Sexualité masculine -ce qui rend sexy la possession d'autrui.

dimanche 25 juin 2017

Camille (et Auguste) à travers correspondances, carnets, articles de presse...

Camille Claudel : 1864 - 1943 - Sculptrice française "Art nouveau"
Auguste Rodin : 1840 - 1917 - Sculpteur français
Paul Claudel : 1868 - 1955 - Ecrivain, diplomate français

" Il est bien rare que la vocation artistique soit une bénédiction "
Paul Claudel - Mémoires improvisés - 1951


C'est la vie et l'itinéraire d'une artiste par des correspondances, articles de presse, extraits de carnets intimes, présentés bruts et chronologiquement, choisis et réunis par Isabelle Mons et Didier Le Fur, qui présentent un beau travail. Pour commencer, le titre choisi par l'éditeur n'est absolument pas représentatif de l'ouvrage, qui dit la vie de Camille Claudel à travers ses échanges épistolaires avec Rodin, son frère Paul, sa mère Louise-Athanaïse, son galeriste, ses soutiens féministes, notamment le journal La Fronde, des critiques d'art, ses clients, dont le ministère des Beaux-Arts, mauvais payeur comme il se doit. Relances d'impayés, sollicitation de mécènes, soucis de fins de mois et de trésorerie d'employeure devant payer ses ouvriers et son fondeur, ses achats d'onyx et de marbre ; ses joies de rencontrer des amies artistes, de partir en vacances, ses ennuis de santé, ses sautes d'humeur, et finalement sa maladie psychique, puisqu'il faut dire qu'elle était gravement paranoïaque, certaines lettres délirantes en attestent. A 49 ans, en 1913, d'abord internée à Ville d'Avray à la demande de sa famille, elle est ensuite envoyée dans un hospice psychiatrique à Montdevergues (Vaucluse) où elle meurt des conséquences de la dénutrition en octobre 1943. Emmurée vivante pendant 30 ans, disparaissant aux yeux de la société, certains qui l'appréciaient se demandant ce qu'elle est devenue, sa mère interdira même au Directeur de l'hôpital de la laisser sortir de la correspondance vers l'extérieur pour ne pas salir la réputation de sa famille. Son frère cadet Paul Claudel, très absorbé par sa carrière de diplomate et d'écrivain ne sera pas très assidu auprès de sa sœur, malgré de fréquents appels au secours. Certaines de ces lettres sont déchirantes. Auguste Rodin, une grande passion mutuelle pendant 10 ans, qui la soutient financièrement alors qu'elle ne veut plus le voir, ne quittera jamais Rose Beuret, sa femme -non épousée mais qui lui donne un fils, et assure l'indispensable intendance : les lettres de Rodin à Beuret sont accablantes, il lui demande de repasser ses chemises en lui donnant d'approximatives dates de retour à la maison ! Et Paul Claudel, fervent chrétien converti tardivement, qui sollicite un curé de sa connaissance pour lui demander si un "exorcisme à distance" de sa sœur serait possible. On se pince un peu, venant d'un si brillant esprit.

Camille Claudel fut une artiste reconnue, exposée, recherchée, achetée, de son vivant, sa fin atroce l'a fait glisser dans l'oubli. Une partie de ses œuvres seront réunies au Musée Rodin dans les années 50, puis un livre et un film la tireront de l'oubli. Tant mieux. Ce nouveau livre apporte originalement sa contribution. Allez voir les œuvres de Camille Claudel, artiste exceptionnelle, qui a désormais son musée et ses expositions dédiées.


Voici le portrait qu'en fait la journaliste Gabrielle Réval, à propos du Salon des artistes femmes en 1903 :
Mademoiselle Claudel sourit, ses yeux se tournent vers moi : deux yeux magnifiques, d'un vert pâle qui évoque les jeunes pousses des forêts. Ces yeux surprennent par leur clarté, ils ont un charme virgilien, puisqu'ils évoquent tout de suite la fraîcheur des bois. Mais au moment même où le regard vous attire, un geste instinctif de l'artiste semble arrêter l'élan de sa sympathie, et l'on reste avec cette impression bizarre d'une nature profondément personnelle, qui vous attire par sa grâce et vous repousse par sauvagerie. Tout le caractère de Mademoiselle Claudel est dans ce retrait un peu farouche. "

Paul Claudel analyse l'oeuvre de sa sœur Camille en 6 sculptures qu'il considère prémonitoires de son destin. Voici ce qu'il écrit dans son journal après le 25 septembre 1943 :
Réflexion sur la sculpture de ma sœur, qui est une confession toute imprimée de sentiment, de passion, du drame intime.
- La 1ère oeuvre, l'Abandon, cette femme qui s'abandonne à l'amour, au génie. - 2. la Valse, dans un mouvement spiral et une espèce d'envol, elle est emportée dans le tourbillon de la musique et de la passion. - 3. La Vague, les trois baigneuses qui se tiennent par la main et qui attendent l'écroulement de l'énorme vague au-dessus d'elles. - 4. L'Age mûr, l'oeuvre la plus déchirante. L'homme, lâche, emporté par l'habitude et la fatalité mauvaise, cette jeune femme à genoux derrière lui et séparée qui lui tend le bras. - 5. La Cheminée. L'abandonnée qui regarde le feu. - 6. La dernière oeuvre, Persée. Le héraut regarde, dans un miroir qu'il tient de la main gauche, la tête de Méduse (la folie !) que le bras droit lève verticalement derrière lui. - Dans mon dernier voyage, j'ai été frappé de ce large visage, cet énorme front dégagé et sculpté par l'âge . Avons-nous fait, les parents et moi, tout ce que nous pouvions ? Quel malheur que mon éloignement continuel de Paris ! "

L'Abandon (Sakountala) 1905



La Valse (1905)


Voici ce qu'écrit de La Valse Léon Daudet, écrivain et journaliste manifestement transporté par cette sculpture : " Un haut et large esprit a seul pu concevoir cette matérialisation de l'invisible. Et qu'est-ce que l'art, en somme, si ce n'est une prise perpétuelle, inassouvie, de l'humanité sur le mystère, le mystère, réservoir inépuisable et sombre de toutes les beautés possibles. Et maintenant les corps des valseurs vous parlent, puisqu'ils vous arrivent traduits par cette enveloppe mobile. Voici ce qu'ils m'ont semblé dire de la voix pénétrante, inextinguible des chef-d'oeuvres. Pris de dégoût pour la vie plate et la planète morose, nous sommes partis vers les espaces dans une danse d'amour et d'espoir. Nous tournons comme tournent les mondes et les esprits à travers les mondes, et notre valse suit celle des atomes. Pauvres atomes que nous sommes, petites poussières dans la tempête ! Mais jusqu'à ce qu'un choc définitif nous sépare, joignons-nous par l'ouragan même, vivons, pivotons bien serrés, et que notre spire éperdue concorde à celle de l'univers. "

 La Vague (1897)


L'âge mûr ou la Destinée (1899)


La Cheminée (1905)


Persée et la Gorgone (1902) sculpture monumentale visible à La Piscine à Roubaix


Camille Claudel déclinait ses œuvres en plusieurs versions : bronzes, plâtres, onyx, marbre.

Liens
Ouverture en mars 2017 du Musée Camille Claudel à Nogent sur Seine
Le site du Musée
La fiche Wikipedia de Camille Claudel
Les extraits du livre sont en caractères rouges


Les Causeuses - Camille Claudel - Plâtre - 1895

vendredi 16 juin 2017

Chez le garagiste

On n'a pas toutes un mari pour porter son auto au garage et négocier les réparations et les prix avec le garagiste ; en revanche, on a (presque) toutes une voiture. Et même si vous avez un mari, je vous conseille l'autonomie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Un divorce, et on se retrouve comme une andouille à regarder sa voiture comme un piège, sans même savoir la date de la dernière vidange, si toutefois elle a été faite, ce qui n'est même pas sûr. J'ai vu faire, c'est carrément atroce.


Prospectez, comportez-vous en acheteuse

Donc, c'est votre voiture, occupez vous-en. Parlez avec votre garagiste. C'est le b-a ba. Sans rouler de mécaniques, comparez et achetez. Discutez, au besoin, posez vos conditions si vous avez des paramètres non négociables.
Prix, délais, service, amabilité, disponibilité, professionnalisme. Celles qui achètent juste un prix n'auront qu'un prix bas et pas de service. Comparez, faites faire des devis, et si vos travaux sont importants, prenez plusieurs avis. Pendant ces consultations, vous vous ferez une culture, vous verrez s'ils font tous le même diagnostic -la mécanique c'est carré ; si un dramatise, vous gonfle le problème et le prix, ne donnez pas suite. Mais les garagistes ne sont pas tous des voleurs essayant de plumer les femmes. Certains apprécient d'ailleurs la clientèle des femmes, moins "as-tu-vu-ma-grosse-bagnole", plus demandeuses de bons conseils, plus sérieuses, ne roulant pas dans des épaves hors d'âge. Acheter ce n'est pas que faire attention au prix, vous achetez une prestation entière.

Intéressez-vous à votre voiture : gardez vos factures par ordre chronologique, elles constitueront l'historique de vos réparations et entretiens réguliers : vidanges, changement de pièces, de pneus, vous pourrez ainsi vérifier et répondre à votre garagiste (ou à un nouveau) la date de telle ou telle réparation, envisager un délai, ou alors la programmer. A chaque panne, prenez des notes, apprenez : votre garagiste adore, comme tout professionnel, parler de son métier. Faites vous montrer les pièces, décrire la panne, comment ça marche et donc, pourquoi ça ne marche plus. Vous retiendrez, vous vous ferez une culture mécanique, et les fois d'après, vous irez au garage en faisant votre diagnostic de panne, que vous proposerez à votre mécanicien, deux fois sur trois, vous aurez fait le bon. Moi, c'est mon score. J'ai même proposé des diagnostics de panne à des mecs rien qu'en me faisant décrire les symptômes et en écoutant leur moteur tourner. Certains ne touchent pas une bille dans le domaine : ils ne naissent pas avec des dispositions particulières pour la mécanique. Quand on vous change une pièce, exigez qu'on vous montre la pièce défectueuse, manipulez-là au besoin, et demandez à voir une neuve à côté. Vous aurez au moins la certitude que la réparation a été faite ! C'est valable aussi pour les garçons, ce que j'écris, ils sont tellement sûrs d'eux qu'ils se font gruger comme au coin d'un bois.

Le coup du garagiste overbooked 

Il ne sait plus où mettre ses clients ni d'ailleurs, leurs voitures. Son agenda est pris à trois semaines. Au moins. L'homme d'affaires en salopette bleue tourne désespérément les pages de son agenda sans vous trouver de place. Soyez compréhensive : si vraiment il ne peut pas, ne jouez pas les tortionnaires, tout le monde a besoin de manger et dormir, soulagez la pression, dites-lui que vous comprenez, il a sûrement un confrère quelque part. Et tournez les talons. Généralement, il craque et vous court après, deux pages de son agenda étaient collées ensemble, comme c'est bête.

Il y a aussi la femme ou la belle-mère qui tient la caisse, bénévolement comme il se doit. Un jour, prévoyant de changer ma courroie de distribution, donc facture de main-d'oeuvre conséquente, j'avais prospecté des garages que je connaissais, pour avoir leur meilleur prix, histoire de comparer : prix, service. Rentrant chez moi, un peu déçue de mes résultats, j'aperçois un dernier garage que je ne connais pas : je donne un coup de volant et me gare dans la cour. Secrétariat : derrière le panneau, un genre de femme à barbe. Elle me détaille de la tête aux pieds d'un air méprisant, et me classe d'emblée dans la case nana qui s'occupe sur ordre de la bagnole de son mec.
"Bonsoir, Madame, je voudrais votre meilleur prix pour le changement de ma courroie de distribution", dis-je, pas démontée du tout.
Re : elle me détaille de la tête aux pieds d'un air offusqué, et
"De toutes façons, ça va pas être possible avant trois semaines" !
Moi : "Ça ne sera peut-être pas être jamais possible, j'ai demandé votre meilleur prix, un devis si vous préférez, pas un rendez-vous". Réinspection méprisante de bas en haut, et "Bon, je vais chercher mon gendre". Finalement son gendre et moi avons fait affaire, il était le moins cher, accessible à pied, et le plus serviable. Je suis restée plusieurs années chez lui avant qu'il déménage dans une improbable zone artisanale inaccessible.

Le coup de la courroie de distribution

Ah, la courroie de distribution, que de souvenirs ! En caoutchouc synthétique, elle mesure à tout casser 45 cm circulaire, un centimètre d'épaisseur, et elle a des crans. Invisible, elle est fichue au milieu du moteur dont elle agence les éléments ensemble, et elle fait tout tourner. Si elle casse, vous rachetez un moteur -ou une voiture-, c'est pareil. D'où les coups de nerfs des garagistes à son propos. Et comme pour la changer, il faut tout démonter, ça coûte cher en main-d'oeuvre. Pour les modalités, conformez-vous aux instructions du manuel du constructeur en années/kilomètres, à six mois près. Là où ça se corse, c'est quand vous gardez la même voiture longtemps, (d'où l'intérêt de garder vos factures, il y a les dates et vos kilométrages dessus) ou quand vous achetez une voiture d'occasion dont vous ne connaissez pas précisément l'historique. Ce fut le cas de ma voiture actuelle. Ayant fouillé les quelques factures du vide-poche, d'où rien ne ressortait, j'ai dû supposer que l'ancien propriétaire décédé avait fait toutes ses réparations dans le garage où il l'avait achetée, une donnée en ma possession. J'ai appelé : on a essayé avec l'immatriculation, puis le numéro de série de la voiture, dans les grands fichiers de Renault, pour finalement m'entendre dire que les données avaient été perdues avec l'upgrade de leur logiciel de gestion mécanique et comptable ! Curieusement, upgrade signifie souvent perte de mémoire : méfiez-vous de ceux de votre caisse de retraite qui compte vos points. Elles en sont au moins au 10ème, Alzheimer les menace. Quand on pense que ces machines ont été inventées pour stocker l'information à notre place, ça promet. L'humanité va finir amnésique. Et les caisses de retraite ne sont pas le principal problème, c'est quand on ne saura plus où on a rangé nos milliers de tonnes de déchets nucléaires au plutonium que ça va se corser.

En mettant ensemble l'âge de la voiture, les factures récupérées qui ne mentionnaient rien en matière de courroie, j'ai pris la décision de la changer. Fidèle à mes principes, j'ai demandé à voir l'ancienne et une neuve à côté : pas de différence, c'était même dingue. Mon garagiste m'a dit qu'elle avait des micro-fissures invisibles. Depuis, j'ai une sorte de syndrome post-traumatique : quand on prononce micro-fissure devant moi, je deviens blanche et j'ai envie de tuer quelqu'un. Mais je me maîtrise, pour le moment.

Le coup des balais d'essuie-glace sur l'autoroute

Un jour sur semaine en août, je rentre d'un rendez-vous en entreprise, il fait un soleil de plomb, et il commence à faire soif. Ma voiture et moi avons des heures dans les roues, je décide de refaire les niveaux, café pour moi, essence et huile, plus liquide de refroidissement (j'avais une fuite) pour elle. Une fois n'est pas coutume dans ces stations, qu'on n'ose plus appeler service tellement on peut y crever de solitude sans que personne n'approche, un mec en livrée de la marque arrive et commence à remplir mon réservoir, tellement que j'en reste baba. Pendant que ça remplit, il fait le tour de ma voiture, regarde les pneus, et tombe en arrêt devant mes essuie-glaces.
- Vous roulez avec des balais d'essuie-glaces pareils ?
Je lui fais incidemment remarquer que les essuie-glaces ne sont pas a proprement parler ce avec quoi on roule, qu'il ne pleut pas, que rien ne menace, et que oui, puisqu'il insiste, j'ai ces essuie-glace depuis longtemps, que forcément je m'y suis attachée, et que m'en séparer comme ça brutalement sur une aire d'autoroute, franchement je trouverais ça ingrat. J'ai besoin de me faire à l'idée de la séparation. Mais en revanche, pourrait-il avoir l'amabilité de me refaire mon niveau de liquide de refroidissement dont j'ai un bidon dans mon coffre ?  Il se trouve que mes essuie-glace étaient usés, mais comme ça, se faire fourguer une paire de balais par beau temps, au tarif autoroute, ça ne passait pas. Il vaut mieux se méfier, les client.es peuvent être la proie de vendeurs prêts à tout pour augmenter leur chiffre d'affaires.

Prenez des cours de mécanique auto

Apprenez à vérifier la pression des pneus, à vérifier vous-même vos niveaux d'huile, de liquide de refroidissement, à changer un pneu, voire à faire vos vidanges vous-même. Renseignez-vous : certaines associations féministes proposent des formations, mais aussi des garages coopératifs qui vous fournissent l'infrastructure et une assistance. Après formation, il faut pratiquer, parce qu'un savoir non utilisé s'oublie. Mais consultez les notes que vous avez forcément prises, ça aide. D'ailleurs, puisque les vacances approchent, c'est le moment de vérifier ou d'approfondir vos connaissances, et de vous remettre toutes ces notions en tête.

Liens :
Pour vous lancer ou vous rafraîchir les idées, un blog de mécanique :
Mécagirl, la mécanique pour les filles 
Il y a même des tutoriels !
Cesson Sévigné (Rennes) : La concession Nissan organise régulièrement des cours gratuits d'initation à la mécanique de 2 heures réservés aux femmes.
Pour être au courant abonnez-vous ou allez régulièrement voir leur compte Facebook.
Cherchez dans votre région : s'il n'y en a pas, c'est que le diable s'en mêle ! Et comme il n'existe pas...

lundi 12 juin 2017

Les hommes et la Sainte Vierge

Encore une procession masculine où on sort en grande pompe une déesse (de plâtre) couverte d'or et de broderies : démonstration de l'adoration masculine pour la mère de Dieu, vierge et mère. Inutile de leur faire remarquer que ça ne marche pas ensemble, ce serait en pure perte. Surdité sélective. Ils n'entendent pas.


Traduction : "Mère de Dieu, les machos."

C'est vrai qu'on préfère que ce soit une statue qui soit trimbalée de la sorte, mais quand même, c'est la démonstration d'une passion renversante. Notez qu'il n'y a pas une femme (hormis la Sainte Vierge bien sûr, pauvre femme !) dans la foule. Tant mieux. On en tremblerait pour elle.

jeudi 1 juin 2017

Ceci est mon sang : une histoire des règles

Avoir ses fleurs, ses coquelicots, ses jours, ses lunes, son rosaire, avoir ses ourses (allusion à la Déesse Artémis : étymologiquement ourse puissante ?), ses ragnagnas, les anglais ou les russes qui débarquent..., les expressions populaires pour désigner les règles ou menstrues abondent, toutes plus poétiques les unes que les autres.




Les femmes subissent l'écoulement involontaire du sang, les hommes feraient couler le sang volontairement, selon une interprétation anthropologique sexiste de la symbolique des règles. Lesquelles n'ont pas toujours été taboues : elles signalaient la puissance procréatrice des femmes, leur fécondité. A telle enseigne que selon certaines interprétations, la circoncision serait le pendant des règles des femmes : on fait saigner les petits garçons aussi.
Cette volonté des hommes de mimer le sang menstruel pour s'en approprier le pouvoir est attestée dans plusieurs sociétés et à plusieurs époques ". Des exemples anthopologiques le prouvent, où des hommes se mutilent le scrotum pour saigner eux aussi. Des rituels de subincision pratiqués sur les pénis des garçons chez des aborigènes australiens, des rituels de castration en Grèce antique autour des lieux de culte des déesses Cybèle et Artémis, en attestent.

Et puis, le sang des règles devient maudit, "mal dit au sens strict" : les trois religions monothéistes vont le déclarer impur et les femmes seront stigmatisées ou signalées impures pendant les règles. Certains juifs orthodoxes se signaleraient ainsi dans les réceptions : ils ne s'assoient jamais sur aucun siège de peur qu'il ait été souillé par une femme ayant ses règles ! En Islam, les femmes sont aussi déclarées impures, et interdites de prière et de mosquée ces jours-là. Chez les catholiques, le tabou du sang menstruel est moins strict, Paul proclamant qu'en Christ, il n'y a ni mâles ni femelles, ni grec ni juif, ni esclave ni homme libre. Nous ne faisons tous qu'un. Oui, bon, les femmes étaient quand même interdites de communion ces jours-là au moyen âge, et devaient attendre 40 jours après un accouchement pour pouvoir retourner à l'église. Et puis la Sainte Vierge n'avait pas de règles selon les clercs, n'a pas été souillée par le sperme d'un homme, les deux étant polluant.es pour le clergé chrétien. Il n'empêche, chassez les rituels anciens, ils reviennent au galop : "Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés... [...] L'Eucharistie apparaît comme un nouveau tour de chaises musicales entre les divinités féminines et masculines" écrit Elise Thiébaut.

On apprend que les rituels d'exclusion, qui subsistent aujourd'hui (les filles réglées recluses dans une hutte ou une cabane insalubre qui paraissent tellement barbares à nos sociétés modernes dans certaines parties du monde), seraient la persistance d'une réclusion plus protectrice : le sang des règles aurait attiré les animaux sauvages qui auraient attaqué les hordes humaines, d'où la réclusion volontaire dans des grottes, le temps que tout cela s'écoule, pour protéger la tribu. Et tenez-vous bien : n'ayant rien d'autre à faire, elles y auraient développé une spiritualité chamanique et inventé l'art pariétal, dont des savants très sérieux se demandent aujourd'hui si les petites mains qu'on y voit ne seraient pas des mains de femmes ! Pour faire bon poids, l'os d'Ishango est également évoqué : plus vieil objet numérateur trouvé dans l'actuel Congo, il a entre 20 000 et 25 000 ans, il serait un calendrier lunaire de 6 mois, premier objet mathématique connu, inventé par les femmes pour mesurer le temps et numéroter les jours entre leurs règles pour connaître leurs périodes de fécondité.

Les règles sont une calamité pour les filles et femmes du Monde Tiers qui n'ont pas accès aux protections périodiques et doivent donc s'absenter de l'école quelques jours par mois. Cela devient un problème de santé publique tel que des entreprises sociales se préoccupent de la question. Les premières choses que demandent les femmes des pays en guerre et les femmes de la rue, ce sont des protections périodiques, nous signale Elise Thiébaut.

Drôle, sans tabous, plein de ressources, ce livre évoque toutes les problématiques des règles, mythologie, histoire, garnitures à travers les âges, et alternatives actuelles aux tampons, en réalité extrêmement polluants et très difficiles à dégrader, et les deux combats les plus récents menés par les femmes : la tampon taxe, et la composition des tampons. On expérimente la Moon Cup réutilisable qui laisse s'écouler le flux sainement, ce que les tampons ne font pas, et le "flux instinctif libre" ! Là, j'ai des doutes, mais il faut voir. Le syndrome pré-menstruel, la terrible endométriose ignorée par les médecins, sont bien décrits, notamment parce que l'auteure en a souffert elle-même. Enfin, Elise Thiébaut aborde le sujet des cellules souches que contiendraient les règles. Avec des expériences sur des rats, là je suis nettement moins d'accord ! Tout savoir sur l'utérus (ce tueur qui balance à la poubelle tout ce qui ne lui plaît pas, contrairement à ce que pensent les religieux obscurantistes de tous bois aha), vos trompes de Fallope, vos ovocytes, et votre endomètre qui "refait la déco, le papier peint et le carrelage" tous les 28 jours pour recevoir un nouvel hôte au cas où... Un conseil, quand votre fille vous dit qu'elle croit qu'elle a ses règles, au lieu de lui dire "eh ben, vla aut' chose" (la mère de l'auteure) faites une petite fête avec un gros gâteau (vegan) avec plein de rouge, et offrez-lui deux ou trois moon cups. Il n'y a aucune raison que nous n'ayons pas nos rites initiatiques nous aussi. Et les mecs qui passez par ici, arrêtez d'emmerder les femmes avec leurs "humeurs ragnagnas", vous avez vos propres humeurs vous aussi, et la plupart des femmes sont surprises chaque mois par le débarquement des anglais. Au point de devoir se précipiter à la pharmacie pour se trouver des protections périodiques.

Il est temps de réhabiliter les règles : Certaines artistes s'y emploient qui peignent avec leur sang menstruel, d'autres en font des performances "blasphématoires" en réponse au seul blasphème qui existe : haïr et nier les femmes, leurs contributions et leur capacité à donner (ou non) la vie. La blogueuse égyptienne Aliaa Magda Elmahdy publie une photo d'elle sur Facebook, dénudée, en train de répandre son sang menstruel sur le drapeau de l'Etat Islamique, acte hautement politique.


Joana Vasconcelos qui fait un lustre (La mariée) en tampons hygiéniques, refusé à Versailles pour une expo qui lui est pourtant consacrée ;


Les period pains de l'artiste lesbienne sud-africaine (Zulu) Zanele Muholi :


ainsi que le Tumblr Womanstruation de John Anna :


Enfin, en avril 2016, le magazine Newsweek, parodiant le titre du film de Paul Thomas Anderson (There will be blood, 2007 : Il va y avoir du sang) fait sa couverture sur un dossier complet en anglais "The fight to end period shaming is going mainstream" ! Espérons, espérons...


Aménorrhées

Jeanne d'Arc n'avait pas de règles, ce qui a conduit certains à prétendre qu'elle était un homme ! Ceci me rappelle l'anecdote professionnelle suivante : un jour, visitant un des médecins du travail d'une entreprise industrielle employant une infirmière et à qui je vendais des prestations, la conversation tombe sur ses (rares) femmes ingénieures qui, me dit-il "souffraient toutes d'aménorrhées". Et de m'expliquer que, dans un milieu exclusif d'hommes, elles refusaient d'être des femmes et que leur cerveau (notre premier organe sexuel) bloquait l'ovulation, donc le processus des règles. J'espère avoir eu à l'époque la présence d'esprit de lui souffler qu'il recommande à son DRH de recruter autant de femmes que d'hommes, qu'ainsi tout rentrerait dans l'ordre ! Jeanne d'Arc avait certainement le même genre de blocage au milieu de son armée de garçons. Et puis, elle devait se mal nourrir, ce qui est de forte incidence sur les menstrues des femmes. Aucune sorcellerie là-dedans, les femmes incarcérées ont, dans un milieu différent, le même problème, le temps de leur peine.

Réglées comme du papier à musique ?

" ... la régularité du cycle menstruel peut être perturbée par tout et n'importe quoi. Une femme qui mange à sa faim, n'est pas emprisonnée et ne produit pas d'efforts excessifs ovule plus ou moins régulièrement de la puberté à la ménopause. Mais si elle se prive de manger de façon prolongée, si elle voyage, si elle est une sportive de haut niveau et ne dispose pas suffisamment de réserves de graisse pour transmettre le message hormonal aux ovaires, si elle a été envoyée en prison ou, pire, en camp de concentration, elle cesse d'ovuler et donc, d'avoir ses règles. On sait qu'un grand stress peut soit déclencher un cycle, soit l'interrompre. Durant les guerres, des épreuves tragiques comme un exil ou une migration forcée, les femmes ont moins -voire plus du tout- leurs règles : leur corps se met en mode survie. C'est ce qu'on désigne sous le nom d'aménorrhée de guerre ou de famine, ou encore aménorrhée d'inanition. "
Les règles : le seul sang qui coule sans violence, mais le seul sang qui dégoûte les hommes"

Les citations du livre d'Elise Thiébaut sont en caractères gras et rouge.
Mon billet -images et texte- est composé pour Chrome : il peut présenter de mauvaises césures sur d'autres navigateurs.

vendredi 19 mai 2017

Bâton contre fusil : la construction sociale de l'inégalité des sexes

J'ai trouvé cette photo mise en scène, "ritualisée", datant selon les apparences de mai 2016, quoiqu'il faille toujours se méfier sur Twitter, on ne sait jamais d'où ça vient. Et je n'adhère pas au commentaire spéciste d'Emmanuel Foulon, traiter le chasseur de cochon n'est pas pertinent, mais ce n'est pas le sujet. D'abord, je me suis dit une de plus, et puis en y regardant à deux fois, elle est intéressante cette photo, très intéressante même. En la regardant, nous regardons le passé, celui de l'espèce humaine, 10 000 à 30 000 ans en arrière, c'est fascinant. En 2017, du fond du Néolithique, 30 000 ans de proto-histoire vous contemplent.
En premier plan un lion, devenu trophée de chasse, mort, assassiné ; posant fièrement avec son fusil, le chasseur qui a commis le forfait. Et derrière, la femme du chasseur avec... un bâton ! Sans arme, autrement dit. Voici ce qu'écrit Paola Tabet dans La construction sociale de l'inégalité des sexes :

" Chez les Aetas des Philippines, les femmes participent à la battue (de chasse) surtout si les chiens sont peu nombreux. Pendant la battue, [elles] courent ça et là dans la brousse en aboyant : elles n'ont jamais d'armes, lesquelles sont réservées aux hommes. " (citant Reed - 1904)

Elle continue : " Dans tous les cas... le rôle des femmes est indispensable et fait partie intégrante des opérations de chasse. Mais leur participation se fait à main nue : elles servent seulement de moyen sonore pour effrayer l'animal, elles sont une sorte d'épouvantail sans pouvoir offensif et en même temps sans protection ni moyen de défense personnel. Leur position reste subordonnée, elles ne capturent jamais directement l'animal. " [...]

" La chasse typiquement féminine se fait donc sans armes ou avec des armes improvisées : cailloux, bâtons..." Toujours Tabet.
Et
" Ce n'est pas la chasse qui est interdite aux femmes, ce sont bien les armes ; c'est bien l'accès aux armes, en tant que telles et en tant que concrétisation d'un développement technologique, qui leur est refusé "

Et comme les armes sont les premiers outils, voilà pourquoi les femmes n'ont pas accès aux outils non plus. 10 000 ans plus tard, les hommes conduisent l'auto le dimanche, le tracteur et la moissonneuse à la ferme, pissent du code dans les sociétés de services informatiques puisqu'on en a moins besoin au hardware qui était leur domaine réservé au début des calculateurs, font pilotes de chasse et longs courriers, et ont le quasi monopole du pilotage des camions, grues et des nacelles élévatrices sur les chantiers du bâtiment. La prohibition des outils nous interdit les gains de productivité, nous condamnant de fait aux tâches harassantes, répétitives et chronophages, pendant que les hommes qui ont, eux, des loisirs monopolisent ainsi le jeu et l'organisation de la Cité, la politique.

Le tabou des armes a aussi pour conséquence l'interdiction faite aux femmes de se défendre : sans accès aux armes on est à la merci des prédateurs, animaux comme humains. C'est plus facile de nous contraindre au servage, à la reproduction forcée et à la violence patriarcale. J'ai du mal à m'ôter de la tête que si Jacqueline Sauvage a été lourdement condamnée à deux reprises par deux instances à 10 ans ferme pour s'être défendue en tuant son bourreau de mari, c'est parce qu'elle l'a fait avec un fusil de chasse ! Meilleure coup de fusil que lui, la justice patriarcale française ne pouvait pas laisser passer. Ça ne la rend pas sympathique, je n'aime pas plus les chasseuses* que les chasseurs, ça donne juste l'envie de la défendre devant une telle adhésion aux constructions sociales héritées du Néolithique.

Pour en finir avec ces sociopathes - 
Tuer un rhinocéros en payant (cher) pour sauver les rhinocéros oui, ça existe, c'est encore une manifestation du parasitisme patriarcal



Cet article du Scottish Sun rapporte une partie de chasse entre milliardaires au luxueux resort écossais de Donald Trump en Ecosse mi-mai : massacre de 600 faisans et perdrix pendant un séjour de 6 jours dans l'hôtel 5 étoiles de Turnberry, Ayrshire, juste pour le plaisir de l'entresoi, contre enchère de 10 000 £ remportée à Dallas USA, au grand dam des défenseurs des animaux. Deux ans auparavant, le même Dallas Safari Club, avait payé 270 000 £ pour tuer un rhinocéros noir de Namibie, espèce en grand danger de disparition. Devinez le prétexte : sauver les rhinocéros ! Si. On verse près de 300 000 £ sterlings pour tuer un rhinocéros... à un fond de sauvegarde des... rhinocéros. Ces malades ne prennent même plus de précautions pour cacher leurs incohérences de sanglants suprémacistes mâles. Ce sont les incohérences du conservationnisme, qui n'est pas l'environnementalisme, puisqu'il a été inventé par des milliardaires pour préserver leurs terrains de chasse. On retrouve leur ADN dans les "ONG" de type Sierra Club et WWF. Faites attention à qui vous donnez.

Les chasseurs accumulateurs de trophées d'animaux sont des sociopathes : froids, sans empathie, ils tuent sans autre motif que la jouissance que leur procure la mort d'un être vivant, ils n'ont que peu de contrôle social sur eux-mêmes, et si vous pensez que pour l'instant il ne s'attaquent "qu'à des animaux, c'est que des bêtes après tout", ça peut changer. Il sont susceptibles de transgresser vers le haut, puisque nous sommes une espèce hiérarchique, en tuant femme et enfants. Voyez Pistorius et tant d'autres. Le meurtre animal reste encore toléré, voire accepté, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas symptomatique de cruauté et de jouissance malsaine selon leur bon plaisir. Ils sont dangereux.

A lire absolument. Paola Tabet est anthropologue.


Lien :
IFAW International Fund For Animal Welfare écrit aux chasseurs de trophées -
Chasse sportive : l'amour de la nature morte

* La chasse en France : 98 % d'hommes, 2 % de femmes. Néolithique, donc.

vendredi 12 mai 2017

Pour en finir avec "même pas foutue de te trouver un mec" !

Billet pas consensuel sur les hommes qui nous parlent mal.


"Même pas foutue de te trouver un mec !" J'ai entendu ça le week-end de Pâques, devant chez moi, dit par deux types (enfin un, et l'autre derrière le premier -le courage n'est pas leur principale caractéristique) apparemment pas non plus capables de se trouver une nana (mais tant mieux, vu les deux spécimens) ; le contexte, un différend avec une voisine gravement toxique, collabote, contente de me les fourrer dans les pieds. Grossiers, mal élevés, l'insulte à la bouche, les insultes proférées sur mon passage, c'est l'histoire de ma vie, mais maintenant, c'est devant chez moi. Le sexisme et la haine des femmes n'ont pas de fond.

Donc, il FAUDRAIT se trouver un mec ? Et je n'en serais pas capable ? On nage en pleine science-fiction. Niveau cheptel, aucune pénurie. Des mecs, il y en a absolument partout : dans les rues, dans les entreprises, dans les cinémas, au boulot, même dans le désert et au sommet de l'Everest. Des jeunes, des vieux, des beaux, des so so, des moches, des petits, des moyens, des grands, des célibataires, des mariés, des veufs, et plein de divorcés qui aimeraient vraiment se recaser. Des lunettus, des à la vue perçante. Des chauves, des chevelus et des catastrophes capillaires. Des stupides, des intelligents, des cultivés, des chiants comme la pluie, des rigolos et spirituels, des timides, des tous terrains, des peureux. Et on n'en trouverait pas ?

Qu'une dame bovin ou équin ou caprin ou suidé se demande "Où sont les hommeuh ? " je comprendrais, vu que leurs mecs sont soit castrés, soit envoyés à l'abattoir, pour cause de "nuisibilité" "agressivité" et "parasitisme" (il mangent trop et ne rapportent rien selon les éleveurs, tous mâles, et comme c'est la chasse aux gains de productivité et aux prix bas...) je comprendrais, elles seraient fondées à poser la question. Mais pas dans notre espèce, même s'ils présentent à peu de chose près les mêmes défauts dont ils accusent les précédents, alors que personne ne pense par ailleurs à le leur reprocher ! Les femmes font 80% des travaux utiles de la planète, sous forme de corvées, définition ici, faut-il le rappeler ?

Et puis, qu'est-ce qu'ils sont serviables ! A peine êtes-vous posée sur une banc, dans la rue, à n'importe quel âge, qu'en moins de deux minutes, il y en a un qui se propose aimablement pour vous arroser votre fleur, même contre paiement au besoin. Ça vous dirait de gagner 60 € ? : un mec en voiture qui s'arrête sur le bord de la route, je vous assure. Euh, c'est déclaré à l'URSSAF ? ai-je questionné en retour. Du coup, il s'est enfui. Généreux, mais au noir. Ou, a minima, ils vous proposent d'aller ensemble boire un café, alors que le café vous énerve ! Alors, franchement, celles qui n'en trouvent pas, c'est qu'elles ne cherchent pas, ou alors qu'elles se mentent à elles-mêmes et aux autres, elles FONT MINE DE CHERCHER en priant le ciel de ne pas trouver, ce n'est pas possible autrement. Il faut arrêter la comédie.

Non, tout ça, c'est encore une inversion patriarcale : comme ils ont une trouille bleue de ne pas se trouver une femme, pour remplacer leur maman à l'entretien de leur ménage et de la famille, ils flippent et tentent de nous culpabiliser. Après des millénaires de bourrage de crane hétérosexuel et de contrainte au mariage et à la reproduction, -parce que l'enfantement est le but du mariage, sinon à quoi bon ?-  par tous moyens à leur disposition, les femmes sont sensibles à l'argument, on les a persuadées que "anatomie est destin" (Freud) et que, puisqu'elles ont un utérus, il DOIT servir, alors que ce n'est qu'une possibilité parmi d'autres. Et qu'une femme n'est pas entière seule, elle DOIT se trouver UNE MOITIE. Autrement, c'est le ratage, l'échec, la guigne. De désespoir, certaines vont même s'inscrire sur Meetic et ses cours de cuisine, ou se faire draguer au club Med, c'est dire la puissance de l'injonction.

Il y a arnaque, si vous voulez mon avis. 85 % des divorces sont demandés par les femmes, ce n'est pas eux qui partent, même s'ils ont mis des coups de canif dans le contrat. Ils n'y ont pas intérêt : ils ont tout à y perdre, et surtout les bénéfices et le confort, la respectabilité d'un foyer, les services ménagers et l'entretien y sont gratuits, et c'est plus porteur et surtout facilitateur pour leur carrière ! Pire, ils ne veulent pas qu'on les quitte. Lisez la presse : dans les cas extrêmes, tous les 3 jours environ, ils blessent, tuent leurs conjointes, enlèvent les enfants pour faire chanter la mère, s'attaquent aussi aux animaux de leurs compagnes. Titres euphémisants de la presse : "drame familial", "drame de la séparation", "crime passionnel" ! Le pire, le suicide accompagné (dit "altruiste" par les psys, gardiens du patriarcat) : ils tuent les enfants et se suicident après. Quelquefois en se ratant. Si le mariage était si désirable pour les femmes et si détestables pour les hommes, est-ce que ce ne serait pas l'inverse ? Posons la question, ça vaut le coup.

Je ne vais pas adhérer à ces injonctions pour "sauver ma peau devant l'opinion publique". Tant pis pour ma popularité auprès de (certain)s hommes, je n'ai pas le désir d'être approuvée par eux ni par la société : hommes souhaitant à tout prix conserver le statu quo, femmes n'aimant pas qu'on suggère que leurs choix sont orientés contre leurs intérêts par des injonctions, une propagande permanente, auxquelles on s'empresse d'obéir, la voie de troupeau étant toujours la plus confortable. Non, je n'ai jamais cherché à me conformer à la vision de ce "qui est correct" pour une femme en aliénant ma liberté. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas eu ou n'ai pas de compagnons et d'amis de cœur, et sans chercher*, en plus. Mais chacun dans sa chacunière, je ne suis pas une princesse transformable en ménagère à balai dès le lendemain de l'union, je fais mes choix politiques et prophylactiques, librement, en en payant le prix au besoin. Et par-dessus tout, on ne vient pas me tendre un miroir déformant en mentant sur la réalité pour me vendre un truc que je n'ai jamais voulu acheter. Ils n'aiment pas les femmes libres. Ils ne veulent pas que les femmes aient le choix. Réponse à la hauteur du mensonge et de l'affront. La terreur doit changer de camp.


"Mal baisée" : variante entendue un de ces derniers dimanches en marchant au bord de l'eau. Des mecs avec écrit "NoKill"** sur le T-shirt, mais avec un treillis bien guerrier par-dessus, sont en train de monter leurs cannes à pêche sur une écluse où s'amoncellent des déchets plastiques, bouteilles et contenants alimentaires du McDo et du Stade Rennais, gros pourvoyeurs de saloperies tout proches. Le "NoKill" me paraît superflu car évidemment, s'ils prennent un de ces poissons tentant de survivre dans cette décharge, il ne sera pas mangeable, donc se parer d'un NoKill pseudo pacifiste alors qu'on emmerde et blesse "pour le plaisir" des poissons en mauvais état de santé au milieu de la pollution créée par les humains, ont fait que je m'en suis un peu mêlée. Discussion impossible, à la fin de laquelle on m'envoie dans le dos un "mal baisée" qui n'a rien à voir, mais destiné à déconsidérer l'ensemble de mes propos en faisant une diversion bienvenue. Le point Godwin habituel, quand on n'a pas d'arguments, on attaque la personne directement. Et les femmes c'est tellement facile, il suffit de les renvoyer à la position horizontale, celle qui selon ces sexistes, nous conviendrait le mieux.

* Entendu un jour, un monsieur, dans une boutique de brocante où j'étais entrée aussi, répondre au commerçant qui lui demandait s'il cherchait quelque chose de précis, répondre "je ne cherche pas, je trouve généralement !". C'est tout à fait ça, on ne cherche pas, on trouve, et si on ne trouve pas, on n'est pas frustré parce qu'on ne cherchait pas :))

** NoKill : pêche sans tuer, avec remise à l'eau de la prise forcément blessée.

vendredi 5 mai 2017

Une galerie d'images sexistes au sein du mouvement pro-animaux

Attention : images de violence envers les femmes

"Les images qui suivent, collectées depuis des sources de nouvelles et de sites d'activistes, chronique l'exploitation systématique des femmes pour des campagnes anti-spécistes. Bien que des personnes de tous genres soient actives dans le mouvement* (et que des non humains de tous sexes sont exploités), ce sont les femmes qui sont utilisées de façon disproportionnée comme moyen de protestation contre la violence infligée aux corps des animaux non humains. Il y a deux raisons à ce cliché. D'abord, dans une société misogyne, le public est déjà habitué aux images de femmes en souffrance. Deuxièmement, le mouvement de défense des animaux a une longue histoire de sexisme institutionnel. Des preuves scientifiques montrent que cette approche n'est pas efficace. Au contraire, elles repoussent le public, nous aliènent de potentiels alliés venant d'autres mouvements pour plus de justice sociale, et aggravent les niveaux épidémiques de violence contre les femmes et filles à travers le globe."
Corey Lee Wrenn - PhD - Vegan Feminist Network

* Les femmes sont largement majoritaires dans le mouvement pour la cause animale

J'ai sélectionné 15 images : Peta -People for Ethical Treatment of Animals- qu'on ne présente plus, est largement représentée, son sexisme est légendaire.


Peta (People for Ethical Treatment of Animals) : une campagne contre le cuir


AACT Tasmanie : campagne contre les tests sur les animaux


Une campagne allemande contre la fourrure


Une campagne allemande contre le marquage (branding)



Peta : deux campagnes Go Vegan ! La seconde destinée aux hommes à pannes.


Peta : Les hommes préfèrent les blondes sans fourrure !


Campagne Ne laissez pas votre chien dans la voiture


Peta : Campagne contre les carrioles tirées en ville par des chevaux : "la vérité nue". Franchement on ne voit pas le rapport.


Peta (qui n'en loupe jamais une !) Campagne de stérilisation de chats "Trop de chattes peuvent être une mauvaise chose".


Fishlove : Une campagne contre la surpêche qui rate son coup ! Mais qui les conseille ?


Sortez la peau nue, ne portez pas de fourrure : Peta encore !


Peta Allemagne : Campagne contre le foie gras. Notez que j'en ai vu une adaptation française chez Welfarm-PMAF.


Peta : campagne anti-fourrure : les bordures de fourrure sont inélégantes. D'un goût exquis, visant les femmes, éternellement.

Pour voir la liste complète, suivre le lien vers le billet de Corey Lee Wren : Vegan Feminist Network - Gallery of sexist imagery. Publié sur mon blog avec son aimable autorisation.

oOo

Toutes ces affiches pourraient aisément être déclinées au masculin, avec même des nus au besoin, et sans en changer le message. Mais apparemment une femme c'est toujours plus porteur, même (surtout) dans des situations scabreuses. J'ai cherché des images de campagnes françaises, mais on ne tombe que sur les habituels clichés sexistes de l'élevage. A propos d'élevage, justement, il y a actuellement une campagne européenne menée par plusieurs associations contre la castration à vif des porcelets mâles dans l'Union Européenne, pratiquée sur la quasi totalité du cheptel pour des raisons de mauvais goût de la viande perçu par 10 % des consommateurs, hommes généralement. En bonus, et pour faire contrepoids, (c'était difficile de mettre une femme de toutes façons !) je vous offre une affiche allemande, photo envoyée il y a quelques années par Euterpe, et qui me sert régulièrement à interpeller Stéphane Le Fol, actuel Ministre de l'Agriculture, et Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture, sur la souffrance des porcelets engendrée par cette pratique barbare. Mon message est le suivant : Vous tenez à vos bijoux de familles ? Eux aussi ! Accompagné de l'affiche que je trouve parfaite.