samedi 12 mars 2011

Storytelling : Faut-il manger les animaux ?





















Pour celles/ceux qui comme moi ont quelquefois pensé que manger est une perte de temps et se sont souvent contentées pour expédier la chose d'un sandwich, d'une pomme ou d'un yaourt, vous avez tout faux. Manger est plus que manger. Ça raconte une histoire, notre histoire individuelle, familiale, sociale, collective. C'est donc de la mémoire, de l'affect et des émotions.

Les exemples abondent dans la littérature et dans notre mémoire. Le Banquet de Platon est une œuvre philosophique fondamentale où une discussion philosophique se tient lors d'un repas arrosé entre amis, Proust coupeur de cheveux en 36, trempant une madeleine dans son thé va vous écrire plusieurs pages de souvenirs sentimentaux. La grand-mère de Jonathan Foer, immigrante juive américaine survivante de la guerre en Europe, vivait pieds nus et trouvait sa nourriture dans les ordures et les restes que les autres ne mangeaient pas. Aussi devenue américaine, stockait-elle la nourriture et bourrait-elle ses petits enfants de sucreries pour conjurer cette peur de la faim, expérience personnelle qui marque une vie. Enfin, se nourrir est synonyme de fêtes et de réunions familiales (qu'on n'est pas obligé-e-s d'aimer) ritualisées autour de la religion ou de dates historiques telles que Noël, Pâques, ou Thanksgiving, cette fête typiquement américaine commémorant l'histoire de pèlerins qui trouvent une cache de nourriture juste au moment où ils vont mourir de faim. Et puis on reste toute sa vie attachée aux saveurs et aux odeurs de la cuisine de la personne qui vous a nourries durant votre enfance ! Manger c'est donc aussi une histoire d'enfance.

Aussi quand vous faites une table d'information sur le végétarisme, vous avez diverses réactions dont certaines sont surprenantes et déroutantes : elles vont de la quête du bien-être, l'expression des inquiétudes d'une société secouée tous les six mois par un scandale alimentaire impliquant toujours la viande et le poisson mais qui veut éradiquer tous risques, les intolérances alimentaires (au gluten par exemple, très courantes), ou la grand-mère qui vous demande conseil parce qu'elle a offert pour Noël un lapin (cramponnez-vous pour ne pas dire que les animaux ne sont pas des jouets) à sa petite fille de 9 ans qui depuis refuse de manger de la viande car elle a fait le rapport entre son lapin adoré et les animaux qu'on lui fait manger (une fillette très douée et sensible au-delà de la moyenne), jusqu'aux réactions brutales voire violentes des gens qui se sentent agressés devant l'interdit de chair animale que nous avons choisi de nous poser à nous mêmes sans intervention extérieure parce que leur père et leurs grands pères étaient bouchers et chasseurs !

Foer, après avoir dit les fêtes juives familiales et l'histoire tragique de sa famille, enquête très sérieusement pendant 3 ans auprès des fermes industrielles (90 % de la production de viande) dont Smithfield Corporation, éleveur industriel de porcs, des fermiers traditionnels américains, auprès des activistes de la cause animale, PETA* notamment, et des abattoirs où il démontre qu'on ne peut y appliquer aucun traitement "humain" aux animaux pour cause de productivité ; la loi a beau imposer aux abattoirs l'étourdissement préalable (lois identiques en Europe et aux USA dans ce cas) avant égorgement et saignée, le convoyeur (chaîne industrielle de désassemblage) avance sans répit à vitesse constante, et si le pistolet matador s'enraye ou n'est pas convenablement chargé, la vache sera égorgée, pattes sciées et peau arrachée en pleine conscience, et les poules, poulets et dindes seront ébouillantés sans électro-narcose si le bain électrique ou le gaz ne font pas leur effet ! Moi aussi je me suis longtemps rassurée, croyant à la stricte application de la loi et pensant qu'elle épargnait ces tortures aux animaux, sauf qu'il faut se rendre à l'évidence, le système industriel productiviste est tel que les lois n'y sont pas applicables, et ce, que nous soyons aux Etats-Unis ou en Europe !

Ce que Foer découvre lors de son enquête est dévastateur. Son livre est le chemin d'une perte d'indifférence et d'une prise de conscience : celle de la façon dont nous traitons les milliards d'animaux que nous élevons, abattons et mangeons. L'entassement concentrationnaire, sans lumière du jour, dans les élevages hors-sol, l'absence de toute possibilité d'exercer un comportement d'être sentient et social, les doses massives de médicaments, tranquillisants, qu'on leur sert préventivement car ce sont des animaux estropiés et malades qu'on trouve dans ces élevages, le boulevard que nous ouvrons aux virus pour se développer et franchir la barrière des espèces (le virus de la grippe et de toutes ses formes passées y compris la redoutable grippe espagnole de 1918, actuelles et à venir est au départ un virus aviaire), et enfin le transport brutal vers l'abattoir où ils vivent une fin inhumaine, tous ces éléments vont faire cette quête aboutir à la seule conclusion possible : pour l'enfant qu'il vient d'avoir, pour lui et sa famille, Jonathan Safran Foer ne voit que l'alternative végétarienne.

Deux citations : "Ce n'est pas seulement que les techniques avaient changé : la biodiversité était remplacée par l'uniformité génétique, les départements universitaires consacrés à l'élevage animal étaient devenus des départements de science animale, et des métiers autrefois exercés par les femmes étaient maintenant confisqués par les hommes".

"Nous avons laissé l'industrie remplacer la ferme traditionnelle pour les mêmes raisons que nos cultures ont relégué les minorités au statut de citoyens de seconde zone et tenu les femmes sous le joug du pouvoir masculin". **

Le précédent livre de Foer "Tout est illuminé" est aussi une quête, la quête d'une origine ; il semble que jusqu'à présent, ce soit la signature de son œuvre. Partant de la tradition juive et américaine puisque les USA sont désormais son pays, s'inscrivant dans l'histoire de sa famille, mais reconnaissant que l'histoire est un laboratoire d'expérimentation et que le blocage sur une tradition immuable ressemble à la mort, Jonathan Safran Foer va, pour lui, sa famille et son fils, s'inventer sa propre tradition : ils fêteront toujours Thanksgiving mais il n'y aura plus de dinde sur la table.
A la place, il y aura du tofu, ou du seitan et des légumes.

L'histoire continue...

* PETA : People for Ethical Treatment of Animals
** Respectivement pages 107 et 243 de l'édition de poche américaine en anglais.

22 commentaires:

  1. La tradition: que d'imbécilités (et de crimes) défendues en son nom !
    Ici, nous sommes aux prises avec la tradition de chasse. Le lobby chasseur paye une contribution à l'ONF ... en échange, celle-ci crie sur tous les toits que les chasseurs ont une mission de protection de la nature. On croit rêver !
    Faut les voir le matin, habillés comme Rambo, partir à 15, 20, 30 contre un seul sanglier. Et quand ils l'ont tué, ils l'accrochent au pare-buffle et tournent dans le village, leur virilité trouvant son expression dans ce triste trophée. Ils me dégoûtent ces types.

    RépondreSupprimer
  2. Merci Hypathie pour la présentation de Faut-il manger des animaux. Je viens justement de l'acheter et de le commencer. Il a l'air très agréable à lire. Probablement parce que Foer raconte son histoire autant qu'il écrit un livre militant.
    Le documentaire "Notre poison quotidien" dont parlait le dossier des Inrocks passe mardi prochain (le 15) sur Arte.

    RépondreSupprimer
  3. @ Héloïse : le temps traditionnel tente d'instaurer l'immuabilité, l'éternité, selon Guy Debord (La société du spectacle) ; ce sont les hommes qui défendent la tradition, normal qu'ils soient conservateurs puisqu'ils ont le pouvoir. Je rajoute que certains manquent terriblement d'imagination. Quant aux gros guns phalliques, on est d'accord, j'en ai déjà parlé ici...
    @ ClumsyBaby : Bonne lecture. Le livre contient tout de même des descriptions d'abattoir qu'il faut lire, mais qui sont dures quand on est empathique. Pour ARTE, c'est noté dans mon agenda. :)))

    RépondreSupprimer
  4. J'ai vu quelqu'un dans le métro en lire la version allemande.
    Le végétarisme est très répandu ici, de toute facon.

    Un jour je vais faire un billet sur la place des animaux dans la société du XVIe siècle parce que j'ai un trou dans le ventre quand je vois un film sur cette période. Ils sont complètement évacués. Alors que les châteaux étaient de vrais ménageries où caracolaient toutes sortes de bestioles. Personne, de la chaumière au palais, n'aurait envisagé la vie sans amis à quatre pattes ou à plumes. Les plus grands poètes rédigeaient des épitaphes pour des animaux qui avaient partagé le quotidien de celui-ci ou celle-là (hermine, belette, chien, perroquet, écureuil, cigogne, singe, etc...). Ils n'étaient d'ailleurs pas enfermés dans des cages. Chaque personne avait plusieurs compagnons de diverses espèces !
    Bien sûr, il y avait aussi par ailleurs beaucoup de barbaries et on mangeait de la viande mais ne régnait pas cette cruelle indifférence, cette cruelle insensibilité, cette complète ignorance qu'on observe aujourd'hui envers eux !

    RépondreSupprimer
  5. @ Euterpe : à propos des végétariens, dans son livre, Foer dit qu'aux USA quand un groupe d'amis décide d'aller au restaurant ensemble et qu'il y a parmi eux un ou deux végétariens, ce sera toujours un restaurant végétarien ou proposant un menu végétarien qui sera choisi. En France on est loin du compte ! On est servis les bons derniers parce que rien n'est prévu pour nous mais... le prix est le même ! Un billet sur les animaux de compagnie au XVIème, c'est une bonne idée ; je ne sais pas s'il y a bcp de ressources sur le sujet ; on en voit plein dans les peintures en tous cas. Pour les animaux exotiques arrachés brutalement à leur milieu naturel et ramenés en Europe, ça ne devait quand même pas être une partie de plaisir. Mais de nos jours, ça n'est pas mieux, malgré les interdictions de trafic.

    RépondreSupprimer
  6. Voilà, Hypathie, j'ai trouvé l'astuce pour accéder aux commentaires, c'est firefox qui bloquait tout.
    Je voulais te dire que j'ai entendu un entretien avec lui sur France Inter dans le 6/7 d'Audrey Pulvar: http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/six-sept/index.php?id=99618

    En tous cas je suis heureuse qu'il devienne un best seller en Europe.

    Je suis aussi très intéressée par l'article d'Euterpe sur les animaux au XVI°. J'ai lu quelques articles sur l'alimentation à travers les siècles. Et ce qui a surtout retenu mon attention ce sont les grecs de l'antiquité (ceux de la philosophie) bannissait la viande , aliments de basse qualité.

    Quant à Nicolino (Bidoche), je ne pense pas qu'il soit devenu végé, mais Elisabeth de Fontenay non plus, elle qui défend la condition animale et se bat pour des droits gradués (elle reste spéciste, on dirait). Elle se justifie par la sociabilité... ce qui me paraît très hypocrite.

    hébé

    RépondreSupprimer
  7. @ hébé : E de Fontenay qui est pour repenser le statut de l'animal dans notre droit et qui est la seule philosophe à se pencher sérieusement sur le sujet, il faut le lui reconnaître, n'est pas végétarienne ni pour l'abolition de l'élevage pour la raison suivante : si on arrête l'élevage, on perdra toutes ces races (déjà en voie de disparition pour la plupart d'entre elles) qui ont été créées par les éleveurs/ses au fil des siècles et qui ont développé avec nous une co-évolution ; que nous le voulions ou non, ils font partie de notre histoire et de notre culture. Les races de chevaux postiers et de trait ont failli disparaître à cause de l'automobile. Et elles ne sont pas tirées d'affaire car il n'en existe que peu d'individus -le trait breton par exemple est dans ce cas. Les humains sont ainsi faits, ce qui ne leur sert plus est rejeté dans l'oubli pour cause d'inutilité, quels qu'aient été les services rendus par ailleurs. Nous sommes d'une ingratitude noire.

    RépondreSupprimer
  8. je ne connais pas votre parcours personnelle quant à la viande, le mien est simple et relève du comment toute tradition culturelle se reproduit de génération en génération à travers l'affection des enfants pour les parents.
    je hais la viande autant que le modèle culturel destructeur, machiste sexiste guerrier qui le sous-tend.
    à la base, j'ai subi la cuisine justifiée par les discours imbéciles d'une mère et le silence terrorisant d'un père. la cuisine était dégueulasse. j'ai appris à rejeter le modèle parental et la consommation de cuisine prétendument traditionnelle carnée sous le double assaut des discours destructeurs psychologiquement, et des coups physiques. et ça dès mes premières années, sans aucune réflexion, juste par mésaffectation : c'est très dur de devoir se construire dans l'impératif contradictoire d'avoir besoin d'aimer ses parents sans le pouvoir.
    bref
    la viande pour moi, c'est le symbole de la domination et de la connerie pure.
    beaucoup plus tard, j'ai rencontré des végétariens. ça m'a rassuré sur l'humanité... pas complètement, mais bon...

    le modèle guerrier éleveur agriculteur conquérant dominateur de la nature, déniant toute relation affective aux autres espèces, toute affiliation biologique, remonte au néolithique : 12000 ans de pratique culturelle de domination destructrice de la terre.
    cela consiste en une réelle extinction de vie sur terre : c'est très exactement la sixième au regard de la paléonthologie. c'est attesté depuis plus trente ans maintenant. donc la crainte d'Elisabeth de Fontenay est dépassée en fait.

    je signale dans la même veine cet interview de jean-pierre Berlan au sujet de ces industries mortifères
    http://www.dailymotion.com/video/x204jp_interview-de-jean-pierre-berlan_tech

    RépondreSupprimer
  9. @ Paul : j'essaie de ne juger personne, on est tellement élevé-e-s dans cette obligation de manger de la chair animale que c'est très dur d'en sortir ; moi il m'a fallu plusieurs secousses après les bûchers de vaches en Grande-Bretagne en 1999-2000, et la dernière de toutes, une prise d'otages sur la RN12 par le Syndicat des Producteurs de bétail (c'était au moins la 12ème fois que des syndicalistes agricoles m'empêchaient de circuler avec un crescendo inquiétant dans les méthodes de plus en plus violentes) qui m'a fait aller à mon travail éloigné d'une heure et demie de chez moi EN 7 H 30, intoxiquée par les pots d'échappement de voitures ; il m'a fallu 3 semaines pour m'en remettre. C'est ce jour-là que j'ai arrêté la tranche de jambon par semaine, le poulet au four une fois par an et la toute petite boîte de pâté de canard (presque)hebdomadaire. Depuis je n'y ai jamais retouché et tout va bien. Mais l'histoire humaine et celle de la chasse et de la viande sont tellement emmêlées que c'est un sujet "touchy" pour plein de gens et notamment pour les garçons et les hommes, sans parler des femmes qui culpabilisent si elles refusent de leur en cuisiner. Et si les gens allaient voir de près ce qu'est un abattoir, ils deviendraient immédiatement végétariens au moins pour 95 % d'entre eux. Merci pour les liens :)))

    RépondreSupprimer
  10. Je suis d'accord pour E. De Fontenay, elle est une des rares philosophes (avec Florence Burgat)connues à interroger la philosphie sur la place de l'animal et demander à ce qu'on reconsidère cette place.

    Mais tous les jours des animaux et des plantes disparaissent, la biodiversité est profondément atteinte, c'est une vraie catastrophe dont on n'a guère conscience, du moins l'ensemble des humains. Et leur avidité les conduit, outre les catastrophes technologiques, à leur propre disparition.

    Personnellement je ne crois plus guère à un retournement de situation.
    Donc, n'est-il pas hypocrite de dire qu'il faut poursuivre l'élevage pour ne pas perdre un peu plus de bêtes? C'est l'argument favori des aficionados, plus de corridas, plus de toros bravos. D'autant que l'élevage a un coût phénoménal sur l'environnement.

    Je voudrais bien être moins pessimiste! Cela n'empêche pas les luttes de se poursuivre, et le végétarisme en est un des aspects.

    Et comme tu l'exprimes ici, l'antispécisme, le machisme, le racisme sont de même origine.
    Une question de domination et d'exploitation des uns sur les autres.

    RépondreSupprimer
  11. Merci à MARGOT, ma huitième membre :))))

    RépondreSupprimer
  12. Je suis assez étonnée du buzz autour de ce livre, on en parle partout même dans les magazines légers or deux livres écrits dernièrement par des français "Bidoche" de Fabrice Nicolino et "toxic" de William Reymond ont largement dénoncé les méthodes d'élevage et le risque sur la santé humaine, y compris en enquêtant aux usa pour le dernier. Or point de buzz hors des milieux intéressés par le sujet.
    D'un côté nous avons deux journalistes français dans la quarantaine pas franchement sexy et de l'autre un jeune new-yorker "cool"...

    RépondreSupprimer
  13. @ Anonyme : Le livre de Nicolino (que j'ai lu et sur lequel j'ai écrit un billet l'année dernière sur ce blog), n'est pas récent ; l'autre que vous citez, je ne connais pas. Je ne sais pas s'il y a un buzz autour de JSF, moi j'en parle car il est dans ma ligne éditoriale et que je l'ai lu (je ne parle pas des livres que je n'ai pas lu, c'est juste de l'honnêteté) et parce que je l'ai trouvé bien, une vraie œuvre littéraire, qui vaut le détour et que je suis végétarienne comme lui. S'il fait du buzz comme vous dites, même dans la presse (légère ?) j'en suis ravie. Mais j'ai parlé du livre de Nicolino :
    http://hypathie.blogspot.com/2010/01/bidoche-lindustrie-de-la-viande-menace.html

    RépondreSupprimer
  14. Le mot viande finit par me faire problème.
    Quand on n’a pas référence à la simple souffrance comme fondement, disparait vite le lait de chèvre ou de vache par exemple. Personne ne comprend alors le rôle de l'élevage industriel ou maltraitant.
    Peter Singer, lui même, se garde bien dans LLA de se prononcer sur la légitimité en soi de manger un animal.
    Pourquoi donc toujours ce référent de viande alors que c'est celui de souffrance qui me semble indiqué si l'on prend en considération le seul intérêt animal ?

    @Hypathia : je n'ai pas connaissance qu'Elizabeth de Fontenay ait préconisé, à un moment quelconque, le souhait d'un maintien d'une quelconque race d'élevage, de la Prim Holstein au toro bravo, en passant par les truies prolifiques...Peux-tu préciser ?

    RépondreSupprimer
  15. Je ne rentre pas dans le débat entre véganisme et végétarisme ; le titre en français de JSF est Faut-il manger les animaux qui est très approximatif de Eating animals qu'on peut aussi traduire par "animaux mangeants", c a d nous.
    E de Fontenay ne préconise pas le maintien de races d'élevages à proprement dit ; elle n'est pas contre l'élevage, ce qui ne veut pas dire la même chose. C'est ce que j'ai lu dans Sans offenser le genre humain. Elle n'est pas non plus végétarienne.

    RépondreSupprimer
  16. Hypathia, mon commentaire sur le buzz ne te concernait pas en particulier!!Je trouve seulement dommage qu'on s'interresse enfin à ce sujet à un niveau de masse parce que c'est représenté par un jeune "cool", bidoche n'est pas si vieux ni toxic et je n'en n'ai pas entendu parler ailleurs à part sur des blogs comme le tien.
    lyly

    RépondreSupprimer
  17. @ lyly : mon souvenir n'est pas exactement le même ; Bidoche n'est pas sorti dans l'indifférence générale. Il a eu des articles dans la grande presse et il a été annoncé et commenté sur la blogsphère, surtout chez les environnementalistes. Mais ce sont deux genres différents : Nicolino a écrit un livre de journaliste et JSF est un écrivain/romancier américain, pas un technicien.

    RépondreSupprimer
  18. @ Hypathia

    "Eating animals" veut dire précisément "manger des animaux" et la traduction française est tout à fait correcte ^^

    Tu prends ma remarque sur l'opposition viande et souffrance comme un détour par le véganisme. Pas du tout. Sur de la cohérence et du sens sans doute, et cela suffit bien.

    Il y a de nombreuses raisons qui peuvent conduire au végétarisme : mysticisme, écologisme, diététique... Mais l'animal la dedans ? Comment parle-t-on- de l'animal hors la maltraitance et la souffrance ? Surtout autour d'une table d'information sur le végétarisme...

    RépondreSupprimer
  19. @ Dingo : autour d'une table sur le végétarisme, on parle de bien-être humain, il n'y a que cela qui intéresse clairement le grand public. Moi, je suis vegé par solidarité avec la vie animale en 1), et pour des tas d'autres raisons, dont mon féminisme n'est pas la moindre. Et dès que je retrouve le phrase de Foer sur Eating animals, je la poste ici-même, promis. Je suis sûre de l'avoir vue.

    RépondreSupprimer
  20. @ Hypathia

    Alors autour d'une table sur le végétarisme Dingo mordrait. 
    Les végétariens me déçoivent parfois mais j'avais peut être été trop naïf. Car tout comme toi seul l'animal est ma raison - tiens...c'est joli çà. ^^
    Mais comme tu sais apparemment faire des connections avec d'autres perspectives je suis fort intéressé à mieux comprendre. Je n'ai pas envie a priori, de lire Foer. Mais simplement parce que je crois savoir ce qu'il dit et avoir déjà beaucoup lu.
    Je suis beaucoup plus intéressé par tes points de vue.
    Quel développement fais-tu personnellement entre l’exploitation de l'animal et celui de la femme ? Quels en sont les parallèles et les motivations selon toi ?
    Bien sûr mes questions sont presque incongrues ou naïvement posées. Mais si l’on n’est pas disposé à la naïveté comment faire pour contourner ce diabolique logos...

    RépondreSupprimer
  21. @ Dingo : une seule adresse (le livre est cliquable dans ma side bar) : http://hypathie.blogspot.com/2010/11/sexual-politics-of-meat-carole-adams.html
    Je précise que je suis aussi activiste de la cause animale, ceci n'excluant pas cela.

    RépondreSupprimer
  22. @ Dingo : Tout finit par arriver. Page 246 de la version française : eating animals / des animaux qui mangent.

    RépondreSupprimer